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Un Jour a Coober Pedy

Coober Pedy dernière

Un père et son fils proposent de me déposer en route. Ils emmenagent à Alice Springs. Mais encore faut-il atteindre Coober Pedy…

Les 250 km les plus longs de la Stuart Highway (Machine vs Bibi)

Il y a tonton du bled et ses kabbas. Ben, en gros je suis le type au milieu qu’on n’apercoit même pas dans le clip. Le type avec les pieds sur la boite de vitesse et le dos en cube. Le type pas assez gros pour l’apercevoir derrière des dizaines de sacs, valises et j’en passe. Le type qui se venge comme il peut.

La foule souffre en silence. A l’intérieur, sourire intense et quasi triomphant. C’est inconscient mais ce n’est pas indolore. Les deux faisant la paire, la chaleur est aussi au rendez-vous. Minimum 45° dans la voiture. Ma peau se crispe, les lèvres se sèchent et le crane avec. Bien sur, la fenetre passager ne s’ouvre pas et pour ce qui est de l’air conditionné, je vous parle d’une Holden 1989 et d’un moteur Peugeot alors…

J’ai encore fait parler la machine. Que je voyage avec ou que je la croise simplement, elle désapprouve toujours. Mon van, la caisse de Des, celle de Katharina, Marcelle… Sensibles ces bètes-là.

Car quelques heures plus tôt…

En panne le long de la Stuart Highway un 26 janvier (Australian Day)…Un jour comme un autre, au fond. Autour d’un, deux, dix verres. “Boire ou conduire, il faut choisir” disait un slogan de la sécurité routière. Cet après-midi, le 4×4 a décidé pour lui-même. Le moteur est déshydraté, il faut prendre une décision. Le père invente alors la voiture deux en un. Le 4×4 chargé reste à quai mais les affaires se classent dans l’autre voiture. Car il ne fallait pas oublier celle du Fils ! Et un fils qui a bien sur du poids à perdre. En toute logique (les batards quand même), c’est donc moi qui me tape la place du milieu (pas trop loin du frein à main et à portée de l’allume cigare). Un peu plus tôt, j’écrivais que Coober Pedy n’etait pas un cadeau. Ce lift non plus. Et pour ne pas changer, c’est avec des gens dont je me contrefous.

On a beau dire qu’il est sympa, le désert reste quand même un beau connard. C’est tellement plus facile d’aimer la plage ! Dans 15 jours, je serai le premier à regretter mais pour l’instant le soleil me flingue la gueule, et comme c’est complet les cinq guitares de David (un métalleux chrétien…) tentent une approche droit dans mon cul.

250 km, 240, 230… ca ne passe vraiment pas vite. La douche, un lit et la bière s’apprécieront. Mais là… non ! Je m’en remets encore et toujours à mes pieds. De toute façon, je ne respire plus. C’est petit comme vengeance mais c’est souvent petit, une vengeance et j’ai juste besoin de me passer les nerfs. J’écarte mes orteils. Enjoy.

Hier, j’ai été bien inspiré de perdre mon temps avec Jenny (ca rime avec chichi) qui ne dit oui (au touche kiki) que le dernier soir. Une heure de sommeil dans les pattes. Dans ce qu’il me reste de place, j’essaie de dormir.

Quand je me réveille (alleluia), il est presque trop tard. Je suis totalement à la masse et les trous s’apercoivent également dans mon regard. Dans quelques minutes, nous entrerons en ville. Je me souviens de l’émotion vive quand j’ètais revenu la première fois. Cette 4ème et dernière fois, l’émotion ne peut être moindre. Je veux dormir.

Un jour passe et cela s’apparente à du « je reviens pour revenir ». Je ne retrouve pas les émotions anciennes. Je me sens comme à la maison, un peu chez moi… Déjà, c’est dangereux ! Ensuite, c’est un chez moi où je ne veux pas vivre – jusque là, rien de nouveau - mais que je n’apprécie plus. Et pourtant, quelque chose me retient toujours. Quoi ? Je n’ai toujours pas trouvé.

Mais je ne vais tarder à le retrouver…

Coober Pedy ne s’explique pas

Etre à Coober et se sentir comme à la maison : dangereux. J’irai même plus loin : il faut aimer les problèmes pour aimer ce bled. Chaleur, mouches, poussière, mines, vivre et dormir sous terre… Tout ceci n’a rien d’un paradis. Alors pourquoi ? Je crois qu’il n’y a rien à expliquer. L’explication, au fond, est toute simple. Puis il n’y a rien de rationnel dans cet amour car Coober Pedy n’a rien de rationnel.

Je demande à chaque backpacker ce qu’il pense de la ville et c’est à chaque fois la même réponse : « il n’y a rien à faire ». Bien sur, je comprends les gens. Ils restent à l’intérieur car il fait trop chaud donc il n’y a rien à faire. Mais qu’ils ne parlent pas alors s’ils ne connaissent pas…

C’est aussi une ville « étrange, bizarre, folle »… C’est dit comme un reproche. Une insulte. Une honte. Sur qu’avec les tours, on ne donne pas le temps aux gens de creuser.

Je rentre au Radeka’s. Mon habituelle retenue fait que je ne me suis pas invité chez les autres, puis je préfère mon indépendance. Jamais chez moi quand je suis chez les autres. Je laisse la chaleur aux locaux et je descends les escaliers mais une mouche m’a suivi. Je sens quelque chose dans mon cou. Ca va, c’est juste une petite araignée.

Au journal, on est toujours sans indices du meurtrier de 2003. 200 000 dollars a quiconque aiderait la police.

Je me réveille et je m’inquiète de l’heure. Est-il 13h ? Non, simplement 8h45. La veille a été coriace, je me rendors. Je n’ai plus grand-chose à faire ici. Puis surtout il fait trop chaud dehors. Les premières fois, mes yeux brillaient. Cet après-midi, ils brulent simplement. L’écriteau d’un magasin d’opales indique la tendance : gone home. Too hot !

Aujourd’hui encore, je n’ai pas fait grand chose (rien). Je pensais m’être fait aux chaleurs de l’outback mais je m’apercois que les habitudes partent vite. Depuis Port Hedland, il a fait chaud mais rien de très etouffant. Le pire, c’était ce jour à Marble Bar (la ville). Impressionnant.

Au loin, des chiens jouent à « on crie comme un loup ».

Strip tease à Coober Pedy

Je vais quand même aller faire un tour à l’Opal Inn…

Accoudé au bar, je discute avec Dimitri devant un match de l’Open d’Australie. On me reconnait. J’avoue que ca fait plaisir mais je redis simplement bonjour car j’ètais surtout venu dire au revoir. Un verre, deux verres… Bref, je ne me souviens pas de grand-chose mais Georges m’invite chez lui… Puis Ric m’invite chez lui… Bref, on va chez Ric le boulanger.

Il me présente à son chien – mi-dingo mi-pitt bull -qu’il a nommé Fix it. « Mais j’aurais du l’appeler fuck off ». L’entrée en matière est inutile, Ric est un simple personnage de Coober Pedy.

(Ce n’est pas de l’opale mais une pépite que j’ai dans le viseur. C’est comme Milan qui a enfin voulu se montrer à la caméra. Ils m’ont vu, m’ont revu, ils ont besoin de ça pour te voir différemment. Ils savent désormais que je ne suis pas un touriste. Mais mon visa se termine dans une semaine et je dois les quitter après-demain. J’avais booké mon vol Coober Pedy-Adelaide avant de les rencontrer. Tant mieux. Il ne faut plus attendre si je veux voir les requins avant mon départ. J- 8 avant…)

A présent Georges : Ancien braqueur de banque, 55 ans, 18 ans en cellule… C’est du moins ce qu’il me raconte. On croise de tout sous terre et des gars louches comme des mythomanes. Je ne sais pas trop quoi penser mais ils ont l’air tellement crédibles ! Se lachent-ils ou délirent-ils ? La bière a forcément un rôle mais je les soupconne surtout de vouloir impressionner le français. Mes trois dernières cassettes y passent. J’ai l’impression d’être dans « Strip-tease ».

Hors caméra, Ric semble aussi bon comédien. Si il l’est ! Il défend Bradley Murdoch qui a pris perpète pour le meurtre d’un backpacker anglais. Ric a connu Bradley… Ils ont grandi à Broome… C’était son pote… Faudrait peut-être que je commence à m’inquiéter !

Quand nous étions sortis du bar, j’avais demandé à Ric de passer par le Radeka’s pour récuperer mes affaires. Nous étions tombés sur Evelyne, la gérante de l’hotel (une française). Mine de rien, ça m’avait rassuré. Au moins, s’il m’arrivait quelque chose on retrouverait rapidement les auteurs !

Je sors dehors, les étoiles sont magnifiques. Dehors ? Pas un backpacker pour découvrir la beauté du lieu et de ses gens. C’est pourquoi je n’apprécie jamais quand on me prend pour un simple backpacker. Je ne suis pas un rapide mais c’est comme je disais plus tot au pub et c’est pourquoi ils m’ont invité. Je ne reste pas ici deux jours et puis adieu. J’ai besoin de temps, d’apprendre, de sentir un endroit… Ce soir par exemple, j’ai filmé une pépite.

Une étoile filante passe. Même elle prend son temps. Une seconde peut-être ? Dans un état d’ébrieté globalement avancé, je me confie à elle. Mes voeux avaient forcément avoir avec ce soir, l’Australie, mes films… En TOTALE INDEPENDANCE.

Ric va au lit. C’est l’heure pour moi aussi. Direction mon cimetière ou la chambre d’ami. J’oubliais que j’étais invité chez un australien, c’est très sale.

Quand je me réveille, Georges est déjà à la biere et moi toujours vivant. Sur la pendule (un pneu décoré), les aiguilles indiquent 8h30.

Dans un autre style (quoique), Joe et Lee n’étaient pas mal non plus. J’ai découvert Coober Pedy avec eux et Coober Pedy me dit au revoir par la grace de Georges et Ric. (Amen)

Retour à l’Opal Inn. Devant une bière, la politique n’a pas sa place. Et une bière en Australie, ca se partage avec tout le monde, même un aborigène. Meme quand on a les idées politiques de Ric…

« She invited me to be a friend ». Je comprends pas… « to be a friend on facebook… ». Ah… La modernité a fait du chemin. Entre les banques, son industrie touristique et les internautes, Coober Pedy n’y coupe pas.

Malgré une cote felée toujours aussi douloureuse (ce qui explique qu’il dorme sur la chaise ou sur le ventre), Georges insiste pour cuisiner une soupe irlandaise. Il y a Ric, André, le grand bourré dont j’ai oublié le nom et Ziggy, un garçon un peu comme les autres (il carbure à la VB). On attend devant du pain et des cadavres de bières. C’est un peu la prison ici mais on l’a choisi. Et puis dehors, c’est l’enfer. 44° ou un truc dans le genre.

Another hour, another drink. Fatiguant. Comme à vivre au quotidien. Attitude du type qui n’est pas à sa place et qui se lit parfaitement avec la présence du grand bourré que j’aime pas. Ce dernier (vraiment grand et vraiment bourré) s’amuse d’André (un petit gars aux yeux très sombres et aux multiples tatoutages dont l’un est arboré par ceux qui ont déjà tué) puis il parle sur moi. Pas en bien, c’est du moins comme cela que je le reçois. Je comprends rien. Les autres me défendent mais j’ai ma dose, là. Je suis dans mon coin, je ne parle pas, et je souris avec la conviction d’un mur de briques. A la télé, Tsonga se fait corriger par Verdasco. Que tous ceux qui ne comprennent pas le français aillent se faire foutre.

Car oui, il y a toujours une heure de trop quand on passe la soirée avec des cooberpedyiens. Je vais à la douche. Quand j’en sors, André, Ziggy et le grand bourré ne sont plus là. Tant mieux.

La lune a remplacé depuis longtemps le soleil. Je sors faire un tour et je crois reconnaitre la rue de Goran. Confus. Défoncé aussi. A ma décharge, il y a des rues modernes et aussi ce que j’appellerais des tranchées. Les gens vivent sous des impasses amenagées et beaucoup se ressemblent. Quand on est bourré.

Je dis au revoir à ma facon et Coober Pedy me dit bonne nuit à sa facon. Je vais pour me coucher mais quelqu’un d’autre occupe mon oreiller. Jolie araignée…

Il y a quelques mois, je l’aurais chassé puis vérifié les lieux 12 000 fois avant de me coucher mais là…. Je pars dans une semaine d’Australie et demain de Coober Pedy. Pas envie que ca foire au dernier moment. Elle ne doit pas être très méchante mais elle n’est pas très jolie non plus alors ce sera le canapé. Cadeau de SBS, un film francais parfait pour s’endormir sur un canapé de style et d’état cooberpedyien. 6h30, première fois que je devine l’heure. La lumière du jour atteint le salon grâce à la fenetre longeant la porte d’entrée.

Dernier jour, dernière mission. Acheter des cassettes dv au seul vendeur de la ville. Problème : il m’a refusé la vente hier. Ses problèmes de santé ont fait de lui un connard complet. Ric n’a pas plus de succès. Personne n’achète de cassettes dv alors deux demandes dans la journée, c’est bien sur louche. Reste à confier cette mission à une amie de Ric qui connaît bien le vendeur. Soulagé… Elle revient avec une cassette et… un prix d’ami !

J’ai de quoi filmer du ciel, Il est temps d’y aller… L’avion décolle dans moins d’une heure. Lorsque je quitte le sol, je ne me souviens de rien. Et certainement pas de la dernière fois où j’ai dit au revoir à Coober Pedy.

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Discussion

Un commentaire pour “Coober Pedy dernière”

  1. c est la troisieme fois que l on revient a Coober Pedy et on y a deja passe plus de 1 mois et 3 semaines et on repart pour plus 1 mois. Qu ets ce qui nous retient la??? Coober Pedy simplement…
    Emilie

    Posté par anthouard | février 3, 2010, 6:08

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