Dès que je reviens en ville, c’est comme si j’appuyais sur pause. Il me faut toujours un temps pour repartir, voire reprendre de l’énergie. Les premiers jours, j’ai tendance à être lent, feignant, fatigué comme ceux à qui j’en parle.Et puis c’est Melbourne…
A lire, qui plus est de loin, ca doit faire bien. Mais a force, le vivre au quotidien est juste crevant. Ca a des airs d’aventure mais ca n’est rien de tout cela. C’est juste un cote bordelique bloqué au compteur.
Revisite du Botanic Garden, l’un des plus jolis parcs au monde selon Lonely Planet, mais moins que celui de Sydney selon moi. Il est bien fait quand meme. Je passe l’australian rainforest et deux minutes suffisent aux moustiques pour me bouffer.
Que la ville soit belle, là n’est pas la question. Melbourne se visite a peine. Melbourne se vit, se boit, se deguste dans les cafes, restaurants, dans la rue entre deux artistes et… cafés.
Marrant de constater la difference du quand j’etais fauche et du quand je ne suis pas encore trop fauche. La vie n’est pas tres chere finalement. C’est voyager qui l’est. J’ajoute aussi qu’on ne reste que l’etranger, qui plus est de passage… Forcement maleable, forcement bonne cible, forcement a baiser. Et forcement baise une fois ou deux.
Le tramway passe, la flinders station me fait face, des chevaux passent, la yarra est juste en face, et le soleil s’efface. On est bien a Melbourne. La premiere fois, je n’avais meme pas cuisine dans mon van. Cette fois, je ne cuisinerai qu’un minimum dans cette usine backpacker. Même à 15h, ils sont plus nombreux à la cuisine que les clients du Poseidon à 20h. De toute facon, je mange mieux au Stalactites.
Flanner, telle est la cle pour apprecier la ville. Et comme il n’y a pas besoin de chercher beaucoup pour tomber sur les petites rues, chaque rue reserve son lot de patrimoine. Ca me plait alors moins quand Melburne copie les autres, comme cette tour eiffel pas tres inspiree. Quand au Paris end, c’est surtout là où se concentrent les grandes marques. Pour le reste, nous restons a Melbourne et c’est tant mieux. Et moins cher. C’etait meme pas du tout cher quand son fondateur, John Batman, s’y est établi en 1835 ! 40 couvertures, 30 haches, 100 couteaux, 50 ciseaux, 30 miroirs, 200 mouchoirs, 100 livres de farine et 6 chemises offerts aux aborigènes. Bargain !!!
Sydney est plus concret, Melbourne plus dilletante. Seule sa meteo est moche. Personne ne s’attend a ce qu’il fasse froid en Australie, et personne ne s’attend encore moins a y trouver des pingouins. Et je ne parle pas de ceux de l’Aquarium (une arnaque) !
Philip Island. Interdit de filmer, grrr… Déconseillé aussi aux blasés, comme ce parc où l’on peut nourrir kangourous and co. Est-ce parce que j’ai eu ma dose de kangourous ou parce que ca n’a rien de naturel ? J’apprecie a peine. Pas envie non plus de partager avec les gens que j’accompagne. L’interet s’active quand je croise kangourous chelous, specimens que je n’ai jamais croisé. Pour ce qui est de l’Eastern Grey, je ne sais pas s’il est moins agressif mais c’est souvent lui qu’on peut approcher.
Melbourne, c’est une entree en douceur. Il fait chaud le jour, il fait froid la nuit. Je ne savais plus ce qu’etait une echarpe. Je sors du casino un peu plus leger et je longe la Yarra River. Ca me rappelle les quais de Paris. Dans ma tete, une verite tourne en boucle. C’est chiant d’etre tout seul.
Meme pour les requins et Coober Pedy, je suis moins chaud. Les derniers papiers restent les memes, inninteressants. Rentrer, rentrer, rentrer.
Blasé blasé, les voyageurs que le trip ne trique plus…
Et c’est en discutant avec Claire que les choses s’eclaircissent. Alors pourquoi refaire la Great Ocean Road ? Ces derniers temps, pas grand chose m’enthousiasme. J’ai attendu plus d’une semaine un lift qui n’est pas venu ou que je ne sentais pas En fait, j’attends juste mon retour. Et bien sur, quand je serai rentré…
Je croise un noir francais et je suis comme etonné. Les francais du Working Holiday Visa sont d’un milieu généralement modeste et métissé. Pourtant, ils sont quasiment tous blancs. Pourquoi une telle difference ? J’aimerais communiquer la bonne idee de voyager avant qu’il ne soit trop tard.
Des jours à glander et je me reveille tout d’un coup. On est deja le 20, petit flip trimestriel = je m’en vais demain.
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