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Un Jour en Chambre

Le Sunny’s d’Adelaide

L’atmosphère est peut-être intéressante a poser sur papier mais elle fatigue aussi, a force. Les nerfs et la patience aimeraient prendre une pause, et ce n’est pas le Sunny’s que je vise en particulier. Poulailler de dix a 25 dollars la nuit ou invite chez les gens, le mot intimité reste intraduisible en Australie. Backpacker donc, et c’est le sujet de mon papier !

Sunny’s Backpacker, Franklin Street, Adelaide.

Je l’avais quitte rempli de cas sociaux, je le retrouve rempli d’autres… cas sociaux. Le style est quelque peu different, mais j’y retrouve le meme bordel ambiant. Ca a son charme, mais c’est surtout vite fatiguant. Je n’accroche pas, comme je ne fuis pas. A mon grand etonnement et avec un peu de deception aussi (il faut bien l’avouer), je ne retrouve personne de mon dernier sejour ici, en juillet dernier. Un backpacker tourne, mais ils tenaient si bien les murs… 7 mois, il a bien fallu tout ce temps pour que l’odeur de Kubiak se dissipe des murs. Je ne rigole pas.

Le backpacker, c’est l’espece d’hotel fourre-tout ou chaque voyageur y a deja passe au moins une nuit. Rempli essentiellement de jeunes etrangers, debordant meme de jeunes ou moins jeunes allemands, le backpacker australien se demarque parfois par son Youth Hotel de Darwin, rempli de grabataires, ou son Sunny’s de l’hiver 2007, rempli d’Australiens. Hotel pour petit budget, il l’est aussi pour les petites valises. Autrement, ca donne des chambres « overcrowded » de 8 ou 10 personnes a environ 13 euros la nuit. C’est a-dire pas forcement donne pour le peu de confort et d’intimite, et en tout cas beaucoup plus cher que ce qui peut etre inscrits sur les guides australiens (comme la nourriture d’ailleurs, je les recherche encore mes succulents repas a moins de 12 dollars).

Et sans scrupules, surtout, sans scrupules les tenanciers… Qu’il n’y ait pas de rideaux aux fenetres ou pas de fenetres aux murs, payes et barre-toi. Fernando avait lui eu carrement un humain dans son lit. Et il a ose reclamer le remboursement d’une nuit sans lit ??! Des fois, c’est meme tous les lits qui sont occupes, comme a Perth. Des fois, ce sont les barbecues qui occupent, comme a Port Campbell…

Ces auberges, c’est surtout pratique pour rencontrer du monde ou quand on y squatte une heure ou deux. Pour la douche au temps du van, devant un match de foot, sur le canape en attendant le premier train…
Je demande a retrouver la chambre huit et ses superbes lates en bois. Quant au lit d’en face, que personne n’y touche. Ne pas profaner la nostalgie d’un ami, a Coober Pedy comme a Adelaide.
Les habitants de ce backpacker sont quand meme tres etranges… A croire que John recrute ses invites a la decharge du coin. Les gars ne semblent pas clodos ou tares mais juste perdus et australiens.
Au Sunny’s comme ailleurs, on y rencontre des cons, des gens biens, des allemands aussi, beaucoup. Puis certains illumines, comme ce politicien dont le projet est d’organiser des Jeux Olympiques a Uluru, comme symbole d’une reunification entre le peuple colon et les Aborigenes. Penser tout de meme a construire ville et aire conditionnee (quel jeu de mot) avant d’envisager des J.O. dans le desert, a 500km de toute vie, et sur un lieu sacre…
On y trouve egalement des illusions que l’on appelle Alexandra. Des piscines, une polonaise au bord, des derangements, beaucoup : lumiere, bruit, ronflements, odeurs….et je ne parle meme pas du reste. Conclure c’est bien, mais sans voisins, c’est bien aussi.
Il y aussi celui qui s’etait pisse dessus au Youth Shake de Darwin, ceux qui baisent, qui rentrent, qui sortent… C’est charmant. J’oubliais l’air conditionne. Je deteste. Il faudra m’expliquer un jour cette manie a toujours le pousser au maximum.
Au final, cela depend de qui peuple la chambre. Au final, c’est souvent l’anarchie !

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