// vous lisez...

Un Jour a Coober Pedy

Coober Pedy III, Le Final Cut

Le dernier, la der des der, l’ultime denouement… Ca met la pression. Le realisateur n’est pas dedans. Le quotidien de Coober le rend mou, il manque de confiance, d’effectifs et d’energie mais il ne peut se laisser aller par l’atmosphere du bled. Faire un film puis s’en aller, quitter un amour intraduisible. Quitter Coober Pedy a jamais, a moins qu’ une fois de plus…On verra bien.

Le meilleur moyen pour entrer en contact avec l’autochtone, c’est le pub. Tout le monde vous le dira, donc tout le bar me le dit. Dehors, sous la nuit devenue noire, une ombre se tient a la rembarde. A l’interieur, c’est le comptoir qui sert d’elastique. Les degres montent vite a Coober Pedy.

Et puis il y a Milan, qui est le dealer du bar. Il doit vendre l’opale la plus pourrie de la ville (celle qu’il recupere des eleves coupeurs d’opale). Des triplettes qui ne valent pas tripette. Une triplette, c’est une pierre avec une simple lamelle d’opale sur le dessus. Ce n’est pas un solide (authentique pierre qui vaut plusieurs milliers de dollars), mais c’est deja un bel apercu et le visuel pourrait etre comble. Mais ceux de Milan ne comblent pas, c’est evident c’est lui qui comble le manque de qualites de ses pierres. Personnage… accoude a la table d’en face, Milan me sourit avec le sourire du type qui n’est pas la depuis deux minutes. Sait-il que je parle de lui ? Certainement pas, donc j’arrete. Il a beau me faire face, je n’aime pas parler des gens derriere leur dos. Effectivemment, l’alcool ne fait pas effet que sur lui. Ca, c’est l’excuse bidon du jour.

Milan est moins marrant tout d’un coup. Son sourire aux levres ne cache rien pour autant. Je le sens triste. Est-ce parce qu’il m’a raconte une partie de sa vie ? Est-ce ses cheveux en bataille et ses yeux lourds qui traduisent une realite, la realite ? Qu’importe le pourquoi du comment, Milan est triste, c’est comme ca que je le vois. Sa chemise verte, son pantalon marron use et ces chaussures qui le sont tout autant annoncent un personnage haut en couleur. Mais ce sont surtout son attitude et ses reflexes a reperer l’etranger, le voyageur, le gars de passage qui m’intriguent. Pour la troisieme fois de la soiree, comme a chaque fois ou je le croise a l’Opal Inn Bar, c’est 10 dollars la premiere fois, 7 la seconde et enfin 5 dollars pour toujours la meme reponse : « peut-etre demain ! ».

J’ai droit au pourquoi est-il la, si l’on considere qu’il n’est pas seulement la pour boire. Milan me barbouille quelques mots de francais, il a vecu 4 mois en tant que macon a Nice. C’est aussi un ancien boxeur. Ce mec a de la bouteille, quelques verres en trop aussi. A 5 dollars, il arrive enfin a vendre sa camelotte a un motard de passage. Un veteran australien du Vietnam, c’est marque sur son blouson (tout en cuir). Mais qu’on ne se moque pas de Milan, il est loin d’etre bete. C’est juste un personnage, comme tant affluent dessous les trous et troquets de Coober Pedy. C’est juste… Puis ici, « on est tellement sur la lune que les gens perdent la tete ».

 

Discussion

aucun commentaire pour “Coober Pedy III, Le Final Cut”

Poster un commentaire